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Avec ses 6.3 millions d’adeptes, le golf détient maintenant le statut de sport de participation numéro 1 au Canada. Plus près de chez nous, plus de 1 million de Québécois jouent au moins une ronde par année et 600 000 d’entre eux le font régulièrement. Assez impressionnant quand on sait que le golf était, il n’y a pas si longtemps, en déclin depuis plusieurs années. Quelle mouche a donc piqué le golf ? Bizarrement, les mots pour décrire cette ‘’mouche’’ qui m’apparaissent le plus indiqués sont ‘’distanciation sociale’’.

On se souvient tous et toutes des règles et des restrictions qui furent mise en place lors de la pandémie de la Covid-19 : masques, désinfection, vaccination et bien sûr la distanciation sociale. Au plus fort de la pandémie, plusieurs activités incluant les sports intérieurs avaient même été mis sur pause. À l’extérieur, on avait droit à une certaine tolérance mais il fallait respecter les 2 mètres de distanciation sociale. Et ‘’bang’’, c’est devenu fou… De chez moi, j’ai vu défiler des jeunes, des ados, des adultes, des aînés, des couples, des familles, des amis, des collègues. Le golf, toujours un peu boudé dû à sa connotation un peu bourgeoise de longue date, était devenu soudainement la bouée de sauvetage des gens actifs qui n’en pouvaient plus d’être entre 4 murs. Je les ai vus beau temps mauvais temps, à 6h30 le matin à 7 Celsius ou sous la pluie en fin pm après le travail. Plus rien ne les arrêtait, je les voyais ‘’putter’’ sur le vert du 2 avec des gants et des tuques et pourtant ils avaient l’air tellement heureux d’être là.

Et le pire dans tout ça (le meilleur), c’est que ça continue. Le nombre de parties jouées au Canada a augmenté de 8% en 2025 alors qu’il a augmenté que de 1.5% aux États-Unis. Qu’est-ce qui explique cette inattendue dose d’amour envers le golf ? Loin de moi l’idée de prétendre détenir la vérité absolue mais je vais quand même risquer une opinion. Selon moi, la principale raison justifiant cette soudaine popularité qui tient toujours à ce jour, est que les gens se sont tournés vers le golf avec des attentes bien précises en tête : s’amuser, bouger, revoir les amis et pourquoi pas s’éclater un peu. Le golf fut pour eux une délivrance car briser l’isolement était devenu ‘’la’’ priorité.

Moi quand j’ai commencé à jouer à 12-13 ans, je m’amusais déjà la plupart du temps (tennis, baseball, vélo), j’étais toujours dehors, j’avais plein d’amis et je m’éclatais déjà un peu trop vous aurait dit ma mère. Le golf m’apparaissait comme dans une classe à part et ça m’intriguait. Le côté compétitif, les techniques, les règles, la discipline, l’aspect mental du jeu, ça venait me chercher. Disons-nous les vrais choses : les nouveaux adeptes nés de la pandémie avaient des attentes bien différentes et l’industrie golfique l’a vite réalisé. De toute évidence des ajustements s’imposaient…

Oui, l’industrie a dû et a su s’ajuster. Entre autres, le code vestimentaire a été assoupli, les clubs se sont dotés de meilleurs équipements en location et l’amélioration des systèmes permet maintenant plus facilement les réservations à la dernière minute. Ces efforts ont porté fruits et le plus fascinant est que les gens reviennent et reviennent encore alors qu’ils pourraient retourner à leurs activités d’avant pandémie. D’une certaine façon le golf fut pour eux la moins pire des options à un moment sombre de leur vie alors que les choix étaient assez limités. Pourtant le golf était là tout près d’eux depuis longtemps : qui ne circule pas à l’occasion devant un parcours, qui ne côtoie pas un golfeur ou une golfeuse ? Peu démontrait le moindre intérêt et les décideurs de cette industrie savaient qu’il fallait apporter des changements, ils y travaillaient depuis plusieurs années mais la majorité d’entre eux hésitaient à sortir des sentiers battus car sortir de sa zone de confort n’est pas facile après 600 ans d’histoire et de tradition qui ont forgé un conservatisme que très peu osait remettre en question. Mais lorsque la Covid-19 a frappé à nos portes, tout a changé et je dirais sans trop me tromper que le Québec a été parmi les premiers à réagir. Maintenant le golf se porte beaucoup mieux, la clientèle est au rdv, les revenus sont là et les projets d’amélioration naissent un peu partout. Enfin la balle roule dans la bonne direction …

Sur ce, golfeurs et golfeuses, que nous soyons adeptes depuis récemment ou depuis des décennies, n’oublions pas toute la chance que nous avons de jouer au grand air dans des décors à couper le souffle. Apprécions la chance de marcher ensemble, de se taquiner, de rire de nos pires coups et oui même de se fâcher un peu 😊 entre deux rires, le golf est beaucoup plus que le golf…

Amusons-nous au max en 2026, Bonne saison !