Pour plusieurs le golf est simplement un sport parmi tant d’autres. Pourtant quand tu le pratiques régulièrement, force est de constater qu’il te place face à des enjeux qui n’ont rien à voir avec les habilités requises pour frapper une petite balle en balançant un bâton. Des enjeux qui vont chercher plus le côté personnel et qui font ressortir le vrai caractère. Presque impossible de bien saisir l’essence de ces enjeux si tu ne les as pas vécus réellement en jouant un 18 trous.

Par exemple, 4 heures sur un parcours à se concentrer, à garder le contrôle, à respecter les règles et à déterminer les bonnes stratégies, rien de mieux pour oublier tous nos tracas. Le golf nous déconnecte du quotidien qu’on le veuille ou non, vivre le moment présent comme on aime souvent se dire. Mais attention, rapidement comme un miroir il nous invite à un face à face avec nous-même, tôt ou tard il fait jaillir notre vraie nature. Il teste nos capacités au moment opportun et quand on pense que tout va bien il nous envoie son ami ‘’Handy’’ (handicap) et le combat recommence. Le golf aiguise notre patience, notre tolérance au stress, il est sournois et nous fait douter de nous souvent quand on a déjà un genou au sol. Inévitablement, il nous place devant deux choix ; en tirer une leçon d’humilité ou demeurer dans le déni.

Aussi le golf a un côté organisationnel assez unique ; le rythme de jeu, les longues marches, les moments d’attente, nous amènent constamment à nous analyser et à remettre tout en question. Il nous tend plein de pièges et nous ‘’mastique’’ le mental plus souvent qu’autrement ; ‘’ma slice est revenue, déjà 2 bogeys après 3 trous, encore un 3 putts’’. Le hamster se met à pédaler et soit qu’on se ressaisisse ou soit qu’on s’enlise, car lui il ne lâche pas le morceau. Heureusement les golfeurs et golfeuses aguerris s’en sortent assez bien, du moins pour la plupart. On veut tous s’améliorer et on se pense capable de le faire et on a toujours hâte au lendemain pour essayer de le faire et cet espoir du meilleur lendemain ne se tarit jamais.

Une autre particularité du golf est aussi son côté social. Pas toujours facile de s’embarquer pour 4 heures. On doit agir et penser en fonction du groupe, on doit s’ajuster, se dépêcher, se taire, se contrôler, respecter, ne pas juger, féliciter et même à l’occasion ronger son frein sans que ça paraisse. ‘’Y a Jean Guy qui se prend pour un pro, y a Paulo qui parle toujours, sans compter Roger qui n’est jamais prêt à jouer’’. Mais avouons que le golf nous fait grandir socialement parlant. Le golf tisse des liens, nous fait connaître de nouvelles personnes. Toujours stupéfiant de constater tout ce qui peut se jaser lors et après une ronde de golf.

Quand on y pense, le golf prend beaucoup de place dans l’agenda d’une vie. Par exemple, si j’ai joué 3 ou 4 rondes par semaine depuis 10, 20 ou 40 ans, personnellement je me demande bien comment aurais-je occupé tout ce temps sans le golf. Ce sont quand mème des centaines d’heures et je suis encore tout aussi passionné qu’au début. Ça m’a permis de rencontrer des centaines de personnes, j’ai marché et échangé avec elles et plusieurs sont devenues des ami(es).

Quand même dure à battre ce p’tit jeu… Amusez -vous bien !

Bob